Accueil
Actualités
Qui sommes-nous ?
Que faisons nous ?
Espace Métiers
Espace Recrutement
Espace Collaborateurs
Comment nous contacter ?
Liens Favoris
Copyright

AccueilNous contacterPlan du siteFavoris


Vers une redéfinition du statut des secrétaires

  


Insuffisamment reconnues, sous-valorisées, les secrétaires, dont la plupart des acteurs s’accordent néanmoins à reconnaître le rôle essentiel dans le bon fonctionnement d’une entreprise, pâtissent de leur image de marque.
 
Selon une étude publiée en février dans le bulletin Premières Synthèses de la Direction de l’Animation de la Recherche et des Etudes Statistiques (DARES) du ministère de l’emploi et de la solidarité, leur salaire a régressé en francs constants entre 1990 et 1998, passant de 10 100 à 9 800 francs par mois. Dans le même temps, le salaire moyen d’un salarié à temps plein progressait de 23% sur ces huit années. Pourtant, le nombre des secrétaires a continué de progresser. Il s’est accru de 17% de 1983 à 1998, soit autant que l’ensemble des employés. L’évolution des technologies, loin de rendre cette fonction inutile, en a modifié le contour. Mais "on observe un décalage entre la réalité de ce métier, qui a beaucoup bougé, et sa représentation sociale, qui n’a pas varié" relève Vincent Merle, ancien directeur de cabinet de Nicole PERY, Secrétaire d’État aux droits des femmes et à la formation professionnelle.
 
Un décalage jugé suffisamment important pour que son ministère ainsi que le MEDEF et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) cofinancent un contrat d’études prospectives (CEP) sur ce sujet. La réalisation en a été confiées au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) et au Bureau d’Informations et de Prévisions Economiques (BIPE). La Documentation Française devrait le publier dans les prochains mois, et le gouvernement en assurer une large diffusion.
 
Descriptions archaïques
 
Principale préconisation : les partenaires sociaux devraient sans plus tarder modifier les conventions collectives régissant cette profession et qui sont devenues totalement inadaptées. "Les activités des secrétaires sont tirées vers le haut, ce qui a pour contrepartie de rendre leur travail plus éprouvant, sans reconnaissance. Les conventions collectives accusent un retard terrible. Elles décrivent des postes qui ne sont plus en vigueur dans les entreprises : on y trouve quatre, voire cinq degrés de sténodactylos, alors que les secrétaires spécialisées ne sont même pas mentionnées", explique Olivier LIAROUTZOS, du CEREQ.
 
La profession est elle-même mal organisée pour se défendre : "Les confédérations syndicales savent que ce retard tient en partie à la défaillance de la représentation professionnelle ; mais elles restent méfiantes à l’égard de toute tentation corporatiste, et ne parviennent pas à construire d’alternative appropriée pour cette population pourtant très nombreuse", note Olivier LIAROUTZOS.
 
En outre, le système actuel, qui veut que les conventions collectives se négocient par branches, est mal adapté aux discussions sur des métiers aussi transversaux que celui de secrétaire. Pourtant, "elles sont devenues le point de ralliement pour les organisations par équipes de projet. Pouvoir s’en remettre, pour ce qui concerne l’organisation, la logistique, la communication et le budget, à une secrétaire parfaitement informée de l’état d’avancement des dossiers permet de désamorcer les risques inhérents à un développement tous azimuts des échanges", indique Olivier LIAROUTZOS. Mais les cadres, qui ont à gérer des secrétaires, n’y sont pas préparés. Autant il leur était relativement facile d’évaluer la productivité d’une dactylo, autant il leur devient difficile de juger un travail beaucoup plus relationnel et comportemental. "Une secrétaire qui règle un problème au téléphone peut faire gagner des jours de travail à l’entreprise", estime Olivier LIAROUTZOS.
 
La mise au point de meilleures méthodes d’évaluation des compétences pourrait donc être bénéfique à tout le monde. Aux cadres, aux directions des ressources humaines dans les entreprises, aux intéressées (la profession est à 97% féminine !), et bien sûr à tous les partenaires sociaux dans la mesure où elles faciliteraient la mise au point de nouvelles conventions collectives. Pour y parvenir, le gouvernement entend inciter les partenaires sociaux à élaborer des certificats de qualifications professionnelles (CQP) communs à plusieurs branches et qui constitueront une sorte de label pour ce métier.
 
A défaut, celui-ci pourrait continuer de se diluer, jusqu’à disparaître au profit du recrutement de personnels administratifs plus qualifiés, contribuant à l’élévation de la masse salariale. Un scénario qui n’est pas improbable, près d’un tiers des secrétaires devant partir à la retraire dans les quinze prochaines années et le nombre de jeunes secrétaires n’ayant cessé de diminuer depuis 1990.
 

Article du Monde du 21 mars 2000 d’Annie Kahn

© PHENIX
Mentions Légales